Les Techniques
Les terres
Ce que j'utilise à l'atelier
Mes créations sont majoritairement façonnées avec du grès blanc lisse. Cet argile provient d’une carrière allemande. Son nom commercial est: W11 de chez WITGERT.
C'est quoi une terre de potier?
Une terre de potier c’est avant tout de l’argile. On défini l’argile à la taille de ses granulats (de ses grains) qui sont inférieurs à 4µm (0,004mm). En poterie nous utilisons plus exactement un groupe de minéraux de la famille des silicates et plus particulièrement les phyllosilicates: les silicates en feuillets. L’argile se forme par altération des roches, l’érosion et la sédimentation.
En poterie, on classe les argiles par rapport à leurs capacités à supporter la température de cuisson. On compte 4 grandes familles:
- La terre cuite, vos pots de fleurs, qui supporte des températures de 950°C. A cette température, la terre est poreuse.
- La faïence qui est cuite à environ 1050°C. A cette température, la faïence est poreuse. Elle est rendue étanche et alimentaire en y appliquant un émaillage. C’est la terre de faïence qui est utilisée pour la terre vernissée. La décoration est alors réalisée avec des engobes. Les pièces sont ensuite recouvertes d’un émail transparent.
- Le grès qui est généralement cuit à 1280°C. A cette température, il y a un phénomène de vitrification qui rend la pièce étanche. L’émail sur du grès est utilisé simplement pour rendre la pièce alimentaire. J’utilise ce type de terre car on applique des émaux de haute température. Les couleurs apportent à mon sens, complexité, profondeur et personnalité à mes créations.
- La porcelaine, qu’on appelle argile primaire. C’est la plus pure. On peut cuire à 1400°C. A cette température, le phénomène de vitrification est tellement avancé que la pièce peut être translucide.
Plus la température de cuisson est élevée, plus la pièce est résistante. C’est d’ailleurs parce que la porcelaine est très dure qu’il est possible de faire des pièces fines.
Façonnage par différentes techniques de modelages
Tournage + tournassage
Le tournage est une technique ancestrale où l’argile prend forme sur un tour de potier lorsque que l’argile à une consistance plastique. Cette consistance est molle et malléable (une consistance proche de la « pâte à modeler »). L’objet se crée à partir du mouvement rotatif et de la pression des mains.
Le tournassage est une opération complémentaire au tournage. A la consistance dite « cuir » (lorsque la pièce a légèrement séchée, qu’elle est rigide mais peut encore être déformée) le tourneur rectifie les imperfections, fait la finition du galbe et creuse le pied de la poterie. Pour cela, la pièce est posée à l’envers sur le tour de potier. Un outil, appelé mirette, est utilisé pour couper et enlever l’excédent de terre.
C’est à l’issue de cette étape que le potier va anser ses pièces, réaliser les découpes, coller un bec, ajouter des éléments etc…
Les colombins
Le colombin est une technique qui consiste à modeler des petits boudins de terre cylindrique. Les boudins sont empilés pour créer la forme de la pièce. Le potier tâchera de bien marier les différents morceaux de terre.
A la plaque
Le modelage à la plaque consiste à étaler des plaques de terre, à les découper aux dimensions souhaitées et à les assembler entre elles à l’aide d’une barbotine (la colle du potier) pour constituer des pièces généralement à facettes ou de formes non cylindriques.
La sculpture
Le modelage par sculpture de la pièce consiste à partir d’un bloc de terre, d’y ajouter ou supprimer de la terre pour constituer une forme. La terre ne pouvant pas supporter des épaisseurs trop importantes, les pièces sculptées sont ensuite évidées.
Modelage primitif
Le modelage primitif consiste à façonner avec ses doigts une forme en partant d’une boule de terre. Les premiers hommes utilisaient cette technique pour produire des récipients.
L'estampage
L’estampage consiste à façonner de la terre sur un moule appelé estampe. Les moules sont généralement en plâtre ou en terre, cuite à basse température, pour que celle-ci soit poreuse. Une estampe poreuse permet de démouler plus facilement la création.
Le tournage
Le tournassage réalisé lors d’un stage
Modelage, pour une commande, d’un plat à gratin à la plaque
créations sculptées
Echantillons d’émaux en haut et plaques d’engobes en bas
Pièces émaillées en attente de cuisson
Décoration
Engobage
Un engobe est une terre mélangée à de l’eau qui peut être naturelle ou colorée. Il sert à changer la couleur de base d’une terre ou à faire des décors. On le pose au pinceau, au pistolet, par trempage, à la louche…. On le prépare en broyant et tamisant de l’argile sèche. Si on doit le colorer, on pèse les poudres de terre et d‘oxydes et on rajoute l’eau jusqu’à la consistance d’un yaourt liquide. On peut l’utiliser plus dense ou plus liquide.
Emaillage
Un émail est un revêtement vitreux obtenu par la fonte de la silice. Il doit être calculé très précisément pour avoir de bonnes qualités, bien fondu, agréable à l’œil et au toucher, révélant de belles couleurs, solide pour ne pas être rayé dans les poteries utilitaires. Chaque potier a ses recettes, ses matières premières, ses façons de cuire, voilà pourquoi les résultats sont si variés. Il se présente sous la forme d’une poudre que l’on prépare avec de l’eau à la consistance d’une pâte à crèpes. On le pose au pistolet, par trempage, au pinceau, à la louche en couche plus ou moins fine selon le résultat escompté. De façon courante, on pose plus ou moins un millimètre d’épaisseur.
De manière générale, les émaux sont composés de:
– Silice. C’est la matière de base dans la mesure où l’émail est un dérivé du verre.
– De matières fondantes. En effet, la silice fond à une température d’environ 1700°C. A cette température, il n’est pas possible de cuire un pièce de poterie. Pour abaisser ce point de fusion à la température de cuisson des pièces, on utilise des fondants. On y retrouve les feldspaths, la cendre, le talc, la chaux, etc.
– Du Kaolin et plus précisément de l’alumine qui va permettre d’assurer l’accrochage de l’émail sur le tesson.
– Des oxydes colorants qui vont permettre de donner une couleur et/ou d’opacifier l’émail. Il en existe beaucoup. A l’atelier j’utilise principalement le titane et le fer. Chaque oxyde à un pouvoir colorant : on aura par exemple du vert avec de l’oxyde de cuivre, du brun avec le fer, du beige avec le titane, du blanc avec l’étain etc…
Les cuissons
Chaque pièce nécessite 2 cuissons:
La première s’appelle un dégourdi, lorsque l’on cuit du grès, que je réalise à 990°C.
La cuisson d’un dégourdi concerne les grès et les porcelaines. Son but : éliminer l’eau de constitution de la pâte afin de conférer aux pièces la solidité nécessaire pour l’émaillage et la décoration éventuelle. Il est conseillé pour le stockage des pièces (pas de risque d’humidification et donc de déformation)
La deuxième cuisson définitive est réalisée à 1270°C. Cela permet de vitrifier la pièce et de cuire l’émail à haute température.
Les cuissons sont réalisées dans un four électrique en atmosphère d’oxydation.
Les atmosphères de cuisson
Il existe 2 types d’atmosphères de cuisson: l’oxydation et la réduction. On fait la distinction entre ces 2 cuissons lorsqu’on utilise une cuisson à flamme (à gaz ou à bois). Dans un four électrique l’atmosphère et forcément oxydante.
Pour alimenter un feu, il faut de la chaleur, un combustible et un comburant. Le comburant étant l’oxygène présent dans l’air.
L’oxydation consiste à maintenir un apport d’oxygène dans le four.
La réduction consiste à empêcher l’oxygène de pénétrer dans le four. Ainsi, la flamme « agonise » et pour se maintenir va puiser l’oxygène présent dans les tessons. Cela va avoir pour conséquence de modifier les couleurs. Ainsi, certaines couleurs ne sont possibles que dans des atmosphères réductrices.
Intérieur de mon four électrique
